Genèse d’un logo

Genèse d’un logo

Les logos ont sou­vent un sens (voire plu­sieurs), et c’est le cas de celui d’[ermin]. Retour en images sur la ges­ta­tion d’un logo.

Au départ, il y avait un nom

L’hermine est l’un des sym­boles de la Bre­tagne depuis le XIVe siècle. La légende (mais ce n’est qu’une légende) veut que la duchesse Anne de Bre­tagne, au cours d’une par­tie de chasse, pour­sui­vait une her­mine, tout de blanc vêtue (l’hermine, pas la duchesse). L’animal s’est retrou­vé accu­lé entre les chas­seurs et une mare de boue. Le mus­té­li­dé a refu­sé de tra­ver­ser la flaque. Plu­tôt la mort que la souillure. En latin : Potius mori quam fœda­ri. C’est la devise de la Bre­tagne, que l’on peut aus­si tra­duire par : « Plu­tôt mou­rir que tra­hir ».

Cette petite his­toire évoque un peu mon état d’esprit. « Si ce ne tend pas vers la per­fec­tion, alors ce ne sera pas. »

Puis une manière de l’écrire

Après m’être sou­ve­nu de cette his­toire, je me suis inter­ro­gé sur les manières d’écrire le nom de l’animal. Her­mine s’écrivait autre­fois ermine, sans le h, voire ermin, sans le e final. Avec une telle ortho­graphe, la pro­non­cia­tion serait mise à mal. On serait bien ten­té, en lisant un tel enchai­ne­ment de lettres, de pro­non­cé « ermain ».

La pro­non­cia­tion de noms peu cou­rants ou bien inven­tés par leurs auteurs est un sujet qui m’amuse beau­coup. Pre­nons le titre de mon pre­mier roman, Orle­nian. Beau­coup de per­sonnes nasa­lisent le a pour don­ner le son « an », comme dans « grand ». En réa­li­té, Orle­nian, se pro­nonce [ɔrlɛnian], avec le son « ane » à la fin, comme dans « âne » (ou « Anne », pour res­ter dans le sujet).

Avec ce logo, j’ai vou­lu faire un clin d’œil à la pro­non­cia­tion des noms propres, en ajou­tant des cro­chets, pour rap­pe­ler les trans­crip­tions pho­né­tiques. En réa­li­té, [ermin] ne trans­crit pas réel­le­ment la pro­non­cia­tion du mot her­mine. En fait, la pre­mière ver­sion du logo res­sem­blait à ça :

Le résul­tat ne me satis­fai­sait pas. Notam­ment, le R inver­sé me fai­sait plu­tôt pen­ser aux pays de l’Est qu’à la Bre­tagne, et je crai­gnais des hési­ta­tions sur la pro­non­cia­tion du nom (un comble !).

Et des ajustements graphiques

Pour évo­quer davan­tage la Bre­tagne (et notam­ment son dra­peau), où je suis loca­li­sé, j’ai ajou­té des bandes noires hori­zon­tales sur chaque côté. Si vous avez un peu d’imagination, vous pour­rez aus­si y voir les griffes de l’hermine.

Je me suis rabat­tu sur notre alpha­bet latin tra­di­tion­nel, pour une meilleure lisi­bi­li­té. J’ai d’abord ten­té de mettre le tout en capi­tales :

Puis le tout en bas‐de‐casse :

Dans la fou­lée, j’ai ajou­té un arrière plan, avec un effet dégra­dé gris‐blanc.

Le slo­gan devait tout d’abord prendre la même lar­geur que le mot « ermin » et se trou­ver entre les empat­te­ments infé­rieurs des deux cro­chets. Pour une meilleure lisi­bi­li­té, j’ai choi­si d’agrandir ce slo­gan, en ajus­tant la taille des carac­tères et en aug­men­tant l’espacement entre les lettres. J’ai éga­le­ment sup­pri­mé la capi­tale ini­tiale, pré­fé­rant don­ner une impres­sion d’équilibre gra­phique, et d’harmonie avec l’absence de capi­tale sur ermin. Le logo res­pecte ain­si une cer­taine symé­trie et pour­rait s’inscrire dans un tri­angle iso­cèle.

Cré­dit pho­to : « Mus­te­la ermi­nea » par Ste­ven Hint, CC BY-SA 3.0.

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