Mise en page de son livre : les 7 erreurs à ne pas commettre

Mise en page de son livre : les 7 erreurs à ne pas commettre

CC0 C12/Pixabay

Lorsqu’un client me demande d’adapter son texte en ebook ou bien en fichier prêt pour l’impression, je retrouve fré­quem­ment les mêmes erreurs dans son fichier de départ. Peut‐être qu’il vous arrive de les faire vous‐même si vous réa­li­sez vous‐même la mise en page de vos livres. Rien de grave lorsqu’on les cor­rige avant la publi­ca­tion. Tou­te­fois, si votre livre est déjà publié et contient une de ces erreurs, je vous encou­rage for­te­ment à cor­ri­ger rapi­de­ment vos fichiers pour les futurs tirages / ventes d’ebooks. Il en va de votre cré­di­bi­li­té en tant qu’éditeur. Car, oui, si vous êtes auteur autoé­di­té, vous êtes éga­le­ment édi­teur.

Les tirets pour les dialogues

L’erreur sys­té­ma­tique et qui prend diverses formes. Elle est tel­le­ment cou­rante et variée que dans la qua­si tota­li­té des textes que j’ai reçus, les dia­logues n’étaient pas for­ma­tés cor­rec­te­ment, et tou­jours d’une manière dif­fé­rente, d’un texte à l’autre. La règle est pour­tant simple : pour chaque réplique, on met un tiret cadra­tin sui­vi d’une espace insé­cable. (Je ne parle que du cas sans les guille­mets.)

Voi­ci ce que j’ai pu ren­con­trer :

Le trait d’union utilisé comme tiret

Un trait d’union, c’est un trait d’union : il sert à unir deux mots pour n’en for­mer qu’un seul, et c’est tout ! On ne l’utilise pas pour les dia­logues.

Le trait d’union transformé en puce

Petite plai­san­te­rie des logi­ciels de trai­te­ment de texte : lorsque l’on sai­sit un trait d’union, puis que l’on appuie sur la barre d’espace, les deux carac­tères tapés se trans­forment en une puce. Quel bla­gueur, ce Word !

La liste à puces déguisée en dialogue bien formaté

Celui qui sera tom­bé dans le piège pré­cé­dent pour­ra vou­loir s’en sor­tir en maquillant sa liste à puces en un dia­logue cor­rec­te­ment for­ma­té, avec des tirets (presque) cadra­tins et des espaces de lar­geur appro­priée. Ce tour de passe‐passe est à pros­crire : d’un point de vue HTML, c’est une aber­ra­tion, et une erreur séman­tique (une liste à puces se maté­ria­lise par des balises HTML spé­ci­fiques, et non par les puces elles‐mêmes). Si votre livre n’est des­ti­né qu’à l’impression, vous pour­riez peut‐être vous en sor­tir, mais ce serait s’imposer de nou­velles contraintes. Un client m’avait four­ni un tel fichier : j’ai refor­ma­té tous les dia­logues pro­pre­ment (pas un par un, heu­reu­se­ment 🙂 )

Le cadratin suivi d’une espace justifiante

Nor­ma­le­ment, on doit faire suivre les tirets cadra­tin de dia­logue d’une espace insé­cable à chasse fixe. Le pro­blème est que ce carac­tère est par­fois inter­pré­té de dif­fé­rentes manières selon les appli­ca­tions de lec­ture. Si son insé­ca­bi­li­té n’est jamais remise en ques­tion, sa lar­geur – fixe ou jus­ti­fiante – est sujette à l’appréciation des moteurs de ren­du. Pour Word, par exemple, les espaces insé­cables sont for­cé­ment à chasse fixe. Pour InDe­si­gn, il existe deux types d’espaces insé­cables : à chasse fixe et jus­ti­fiante. Enfin, sur beau­coup d’applications de lec­ture, les espaces insé­cables sont jus­ti­fiantes.

Ain­si, pour le livre au for­mat ebook, on aura du mal (à l’heure actuelle) à s’assurer d’avoir un espace de lar­geur fixe entre le tiret et la réplique. Pour le livre au for­mat papier, en revanche, rien ne nous en empêche.

Les mauvais guillemets

En France, l’usage veut que l’on uti­lise les guille­mets dits « fran­çais », par oppo­si­tion, aux guille­mets dits « anglais ». Les guille­mets fran­çais prennent la forme de deux paires de che­vrons, tan­dis que leurs homo­logues d’outre-Manche res­semblent plu­tôt à des doubles apos­trophes, ces der­nières pou­vant être droites ou courbes.

Les accents sur les lettres capitales

Vous avez peut‐être appris l’inverse à l’école pri­maire, mais, oui, il faut accen­tuer les lettres capi­tales, qu’elles soient majus­cules ou non. La phrase IL EST INTERNE n’a pas le même sens que la phrase IL EST INTER­NÉ, vous en convien­drez. Aujourd’hui, on ne devrait tolé­rer cette négli­gence que sur les noms des loca­li­tés ins­crites sur les enve­loppes.

Tout cela vaut aus­si pour les cédilles. Écrire MAÇON­NE­RIE sans cédille serait une belle erreur, on le voit bien.

Les abréviations

Com­ment abrégez‐vous donc les mots sui­vants ?

numé­ro, mon­sieur, 12 minutes

La plu­part des gens abrège le pre­mier de manière fau­tive. Numé­ro ne s’abrège pas en , encore moins en , pas plus que . L’abréviation cor­recte de ce mot est com­po­sée de sa pre­mière et de sa der­nière lettres, le o étant pla­cé en expo­sant. Au plu­riel, on écri­ra ain­si nos.

L’abréviation de mon­sieur com­mence à être rela­ti­ve­ment connue : en fran­çais, on écrit M. et c’est tout. Pas de r qui traine, à moins de vou­loir abré­ger le terme tra­duit en anglais : mis­ter.

Enfin, pour l’abréviation de minute, on trouve encore de tout. Cer­tains écri­ront mn, d’autres m (confon­dant avec l’abréviation du mètre), d’autres encore vou­dront fri­mer en choi­sis­sant une apos­trophe pour rem­pla­cer l’unité. 12′ se lit bien « 12 minutes » mais n’a pas le sens auquel on pense en pre­mier lieu. Il s’agit ici de l’unité défi­nis­sant des coor­don­nées géo­gra­phiques (on la retrouve notam­ment dans les coor­don­nées GPS.) 12 minutes s’abrège en 12 min. Entre la valeur et son uni­té, on tâche­ra de mettre une espace insé­cable. Une quoi ?

Les espaces insécables

Vous avez cer­tai­ne­ment déjà enten­du par­lé de ces espaces dits « insé­cables », c’est-à-dire que l’on ne peut pas sépa­rer du mot qui les pré­cède, même si l’on arrive en fin de ligne. Ceux‐ci n’étant pas auto­ma­ti­sés par toutes les appli­ca­tions d’écriture, il y a encore sou­vent des espaces jus­ti­fiantes (et sécables, donc) qui trainent avant un point d’interrogation ou un point d’exclamation…

Apostrophes droites vs apostrophes courbes

Ceux qui auront les yeux les plus aigui­sés le remar­que­ront peut‐être : il existe plu­sieurs types d’apostrophes. La plu­part des polices de carac­tères en admettent deux : l’apostrophe droite et l’apostrophe courbe. Dans le monde anglo‐saxon, on uti­lise l’apostrophe droite. En France, on pri­vi­lé­gie l’apostrophe courbe, que l’on trouve plus élé­gant.

Les numéros de pages sur les pages liminaires

Tra­di­tion­nel­le­ment, on ne com­mence à pla­cer des numé­ros qu’à par­tir de la pre­mière page du texte. Cela ne veut pas dire que les pages qui pré­cèdent (pages limi­naires) comptent pour du beurre ! Elle ont bien un numé­ro, mais ce der­nier n’apparait pas. Quoi de plus laid qu’une page de titre numé­ro­tée « 1 » ?


Et vous ? Quelles sont les erreurs que vous faites sou­vent / que vous fai­siez sou­vent aupa­ra­vant ?

9 réponses

  1. Mer­ci beau­coup. J’en pro­fite pour vous poser la ques­tion sui­vante à pro­pos de l’espace qu’il fau­drait ou non lais­ser dans la seconde réplique, juste après le tiret cadra­tin :
    — Penses‐tu qu’il fera beau…
    — … et froid, demain.
    Je n’ai jamais trou­vé la réponse.

    • ermin dit :

      D’après moi, c’est une erreur de com­men­cer une réplique par des points de sus­pen­sion. Si le per­son­nage ne dit rien, la réplique n’a pas com­men­cé. Mais si l’auteur a fait ce choix, j’applique la même règle : tiret cadra­tin, espace insé­cable, points de sus­pen­sion, espace jus­ti­fiante.

  2. Bernard Baudour dit :

    Article très inté­res­sant. Pour les listes à puces dégui­sées en dia­logues, je ne par­tage pas tota­le­ment votre avis. Pour l’impression aucun pro­blème et en for­mat numé­rique, je ne vois pas de pro­blème non plus.
    C’est cer­tai­ne­ment une héré­sie en HTML mais quelles sont les impli­ca­tions de cette héré­sie en pra­tique ? Sur les for­mats numé­riques ? ePub ? Kcb ? autres ?
    Mer­ci.

    • ermin dit :

      Mer­ci Ber­nard.
      Les listes à puces dégui­sées en dia­logues pour­ront poser sou­cis pour le for­mat papier si celui qui met en page sou­haite appli­quer des chan­ge­ments de style : les dia­logues se retrou­ve­raient exclus du reste du corps de texte. Par contre, pour le for­mat numé­rique, les listes à puces sont à pros­crire com­plè­te­ment pour les dia­logues : on ne peut pas savoir quelle puce sera uti­li­sée par le maté­riel de lec­ture (et en géné­ral, ce n’est pas un tiret), ni quelles carac­té­ris­tiques seront choi­sies au niveau des retraits de pre­mière ligne, retraits de para­graphes, espa­ce­ments entre puce et texte, etc. Il ne faut pas oublier qu’on ne peut jamais être sûr à 100% de la manière dont va être inter­pré­tée la feuille de styles du fichier ePub par le maté­riel de lec­ture. C’est pour cela qu’il vaut mieux res­pec­ter les règles au maxi­mum.

  3. Shea dit :

    Entiè­re­ment d’accord avec toutes les erreurs lis­tées. Les règles sont d’ailleurs très bien expli­quées. Et même lorsque l’on sait tout ça, un petit rap­pel ne fait jamais de mal 🙂 alors mer­ci pour cet article très utile !

  4. Amelia dit :

    Article très inté­res­sant 😊 mer­ci !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience de navigation et à des fins statistiques. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer