Non, Word n’est pas un éditeur d’ebooks !

Non, Word n’est pas un éditeur d’ebooks !

La plu­part des per­sonnes qui éditent des livres numé­riques au for­mat ePub ou mobi le font à par­tir de Word (ou bien de LibreOf­fice, voire d’OpenOffice). Voi­là une bien curieuse pra­tique, quand on prend en compte le fait que Word :

  • est un logi­ciel de trai­te­ment de texte et n’a jamais été pen­sé pour édi­ter des livres au for­mat ePub ;
  • est un logi­ciel de trai­te­ment de texte et n’est donc pas l’outil le plus adap­té pour écrire.

Un logiciel de traitement de texte

Word (ou ses équi­va­lents libres) est le logi­ciel que la plu­part des gens pri­vi­lé­gient lorsqu’il s’agit d’écrire des textes plus ou moins longs. Un infime par­tie de ces textes fini­ront par être impri­més. Pour­tant, c’est bien à cela que sert Word : mettre en pages des docu­ments com­po­sés majo­ri­tai­re­ment de texte des­ti­nés à être impri­més. C’est bien pour cela que la zone de sai­sie cor­res­pond à un page, par défaut une page au for­mat A4. Dans le numé­rique, la notion de page n’a pas de sens. (Bien sûr, on parle de page web, mais cela désigne tout autre chose.) Par­ler de mise en page(s) d’un ebook au for­mat ePub est un abus de lan­gage. Il fau­drait plu­tôt par­ler de mise en forme. La mise en pages (avec un s à pages, car il y en a plu­sieurs, de pages) est un concept qui n’est cen­sé concer­ner que les docu­ments des­ti­nés à être impri­més.

Word n’est pas non plus adap­té pour l’écriture. Bien sûr que l’on peut uti­li­ser ce logi­ciel pour écrire, mais ce n’est pas son but pre­mier. La diver­si­té des options de mise en forme pro­po­sées perdent l’utilisateur sur des points qui n’ont sou­vent aucune impor­tance à ce stade. Le fond doit être sépa­ré de la forme. Choi­sir une police, une taille, une inter­ligne, modi­fier les marges, chan­ger la taille des pages… Réa­li­ser ces choix au départ n’est qu’une perte de temps car vous revien­drez for­cé­ment des­sus à la fin. Pire, vous ris­que­riez bien de créer des mises en forme concur­rentes qui empêchent l’homogénéisation des styles de votre docu­ment. Si vous n’êtes pas convain­cu, lisez donc cet article de mon cama­rade Jona­than, du blog SF.zone.

Pour écrire, il existe des logi­ciels spé­ci­fiques qui ont été créé pour cela. Si vous êtes sur Mac, vous pou­vez vous inté­res­ser à Ulysses (dont Jona­than parle ici). Il existe d’autres appli­ca­tions simi­laires, com­pa­tibles Win­dows, comme Typo­ra. Si vous pré­fé­rez un logi­ciel en ligne, vous pou­vez vous inté­res­ser à Wri­te­Con­trol ou à Scrib­book (ce der­nier étant plus ergo­no­mique que le pre­mier, mais aus­si pro­po­sant des options de mise en forme tota­le­ment inutiles et contre­pro­duc­tives pour créer un ePub, à l’instar de Word). Sur Typo­ra et sur Ulysses, les éven­tuels choix de police et de taille que vous faites ne sont des­ti­nés qu’à votre confort visuel au moment de l’écriture et ne seront pas (sauf si vous le sou­hai­tez) conser­vés lors de l’export. La forme est bien sépa­rée du fond.

Comment créer un ebook au format ePub, alors ?

Avec des logi­ciels appro­priés. Le for­mat ePub repose sur les lan­gages HTML et CSS. Pour mai­tri­ser com­plè­te­ment le pro­ces­sus de créa­tion d’un fichier ePub, il est néces­saire de se fami­lia­ri­ser avec ces deux lan­gages. Si ce sujet vous inté­resse, vous pou­vez vous réfé­rer à mon guide (Autoé­di­tion, auto­pu­bli­ca­tion : Le guide com­plet). Calibre et Sigil sont deux outils libres qui per­mettent d’édi­ter des fichiers ePub. Pour créer des ebooks dignes de ce nom, il ne suf­fit pas de cli­quer sur un bou­ton « Conver­tir ». Il faut mettre la main dans le cam­bouis (com­pre­nez : dans le code). Un code HTML propre est la pre­mière étape de l’optimisation de votre fichier pour les liseuses.

Alors pourquoi tout le monde utilise Word ?

Parce que cela fonc­tionne. Enfin, par­fois.

Vous aurez un ebook qui pas­se­ra peut‐être les prin­ci­paux tests ePub, mais avec du code sale, et de poten­tielles erreurs sou­le­vées par les pla­te­formes de publi­ca­tion comme KDP. Le moindre élé­ment de mise en forme un tant soit peu com­plexe devien­dra alors très dif­fi­cile, voire impos­sible à mettre en œuvre.

Si vous ne sou­hai­tez pas aban­don­ner Word pour l’écriture de vos livres, ten­tez au moins de ne pas l’utiliser pour réa­li­ser vos ebooks.

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